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Concerti

"ScÈnes mÉdiÉvales", concerto pour piano et orchestre.

Première partie : « Maestoso » : des coups de trompette incisifs et évocateurs introduisent la première partie, en annoncent d'emblée le caractère héroïque. Avec une diversité qui toutefois ne dégénère pas en agitation, des passages suivent en de larges phrases chantantes et des traits coupent, telles des rafales. La cadence qui, contrairement à l'usage n'est pas placée à la fin de la première partie, n'est qu'une longue plainte. Se continuant dans la trame orchestrale, elle se mêle une première fois à la caresse des cordes, est absorbée par les bois pour finalement se dissoudre dans le forte des cordes. Un dialogue bref, véhément, conduit clavier et orchestre vers la conclusion rayonnante.

Le début de la deuxième partie « Andantino pastorale » est un tendre récit. C'est la description mélodique de la vie pastorale. Malgré sa forme stylistique bien déterminée, on y reconnait l'air enfantin « ô bon Saint Nicolas, patron des écoliers »… Alors frappe le destin. Son thème, exprimé par les cors menaçants, se fait entendre à trois reprises avec une force croissante en dépit des supplications incantatoires du piano. Le clavier cède sous la domination de l'orchestre, mais livrant combat aux instruments tourbillonnants, il reprend le dessus ; le tocsin sonne ; s'ébranlant sourdement, le roulement des timbres passe soudain dans les rires courts, saccadés des bassons goguenards : la troisième partie « Alla burlesca », a débuté, sarcastique, fantastique.

Tout romantisme s'est évanoui. Aprement les sons s'entrechoquent, traits et accords trahissent l'inquiétude, le désarroi, l'appréhension de présences maléfiques. Or, trois fois – et à nouveau se manifeste ici cette prédilection inexplicable du compositeur pour le nombre trois – des scènes gorgées d'angoisses inavouées, sont interrompues par un hymne de joie qui, exécuté d'abord par le clavier, puis par l'orchestre et enfin par les deux réunis, mène au cantique final. Après un trépidant – une série en martellato – les derniers accords rappellent triomphalement le thème initial de la première partie.

Juliane Castro

Emmanuel Durlet, concerto pour violon et orchestre:
« La Chapelle de Marie-Madeleine extra muros »

En 1946, durant la convalescence suite à une opération délicate à l'oeil Emmanuel Durlet a conçu les grandes lignes de son concerto pour violon, "La Chapelle de Marie-Madeleine extra muros". L'oeuvre, terminée en 1949, est dédicacée à la violoniste grecque Sophie Piménidès, la répétitrice du grand violoniste belge Matthieu Crickboom. Elle travailla l'oeuvre avec Durlet mais une exécution publique n'eut jamais lieu. La création du concerto eut lieu à Anvers le 6 novembre 1993, à l'occasion du 100ième anniversaire de la naissance du compositeur. Le violoniste Jan Van Weyenberg était accompagné par le "Koninklijk Filharmonisch Orkest van Vlaanderen", sous la direction de Kenneth Montgomery.

Les deux premières parties sont chantantes et témoignent d'une riche inspiration. La 3ième partie est caractérisée par une énorme virtuosité requise de l'éxécutant. Emmanuel Durlet fit, plus tard, une version pour violon et orgue de la deuxième partie, nommée "Myrrhe et Encens". Les doigtés et coups d'archet sont du grand violoniste belge Franz Wigy. Quand on demandait à Durlet la signification du titre "La Chapelle de Marie-Madeleine extra muros", un sourire éclairait son visage. "C'est une évocation" disait-il. "Quand j'étais jeune il y avait au sud d'Anvers une petite chapelle en-dehors des murs de la ville. Elle était dédiée à Marie-Madeleine, le personnage biblique. Elle ne s'y trouve plus, elle a été détruite. C'était un lieu de pélérinage pour les amoureux". Avec son concerto pour violon Emmanuel Durlet a voulu perpétuer cette chapelle disparue.

Joe de Troetsel
Traduction : Andrea Durlet

Le concerto pour violon et orchestre "La Chapelle de Marie-Madeleine extra muros » d'Emmanuel Durlet a été composé entre 1946 et 1949 et comporte trois parties. C'est une œuvre posthume.

La première partie « Moderato » est écrite en forme rhapsodique dans laquelle le soliste et l'orchestre exécutent alternativement les différents thèmes qui, plus tard, réapparaîtront maintes fois. Un beau contraste est formé entre les passages fantaisistes et virtuoses et les autres passages solennels d'une majestueuse fierté qui caractérisent ses différents caractères. Il va de soi que dans cette première partie assez longue une grande cadence est réservée au soliste. Dans la deuxième partie « Andante sostenuto » nous nous introduisons sans aucun doute en les murs de la chapelle où résonne une prière intense accompagnée de belles mélodies où l'atmosphère intime évoque une musique de chambre entre le soliste et de fins instruments à vent. La troisième partie « Allegro vivace » aux riches contrastes, aboutit dans une véritable danse sauvage, e.a. par l'usage du quarte diabolique (triton). Arrivé au sommet d' un énorme climax, une trompette remémore le thème d'ouverture de l'œuvre et il semble alors que les portes du ciel s'ouvrent toutes grandes pour aboutir ensuite à une fin digne de ce beau concerto.

Ce projet s'est terminé en magnificence. Durant l'accompagnement orchestral, plutôt difficile pour les jeunes membres de l'orchestre , ils ont dès le début travaillé intensivement à la recherche d'un beau 'son' dans l'orchestre. Ensuite, la fragmentation dans l'orchestration n'a pas été facile afin de pouvoir réaliser une exécution parfaite du concerto. Après quelque concerts avec grands succès et un week-end d'enregistrement intensif, nous sommes fort heureux du résultat!

Nous espérons maintenant que de nombreux auditeurs partageront l'amour que nous avons (re)découvert dans cette musique magnifique et pourra signifier une digne contribution au répertoire gigantesque pour violon et orchestre et grâce à cet enregistrement puisse y insuffler une nouvelle vie.

Hans Casteleyn,
Chef d'orchestre de l'Orchestre Euregio des Jeunes.
Traduction: Andrea Durlet

Curriculum vitae de Eliot Lawson

Eliot Lawson, de nationalité belge et luso-américaine, commence à jouer du violon en 1985.

En 1989 il est sélectionné par Sir Yehudi Menuhin pour poursuivre ses études à Londres. C'est pourtant en Belgique, auprès de Léon Souroujon, J. Van Aken et I. Oistrakh qu'il poursuit ses études de violon. Ensuite en Hollande auprès de I. Grubert, J.J. Kantorow et H. Krebbers. En Italie chez P. Vernikov et aux Etats-Unis chez N. Shkolnikova. Il est titulaire d'un « Master en Musique » avec la plus grande distinction du Conservatoire Royal de Bruxelles. A Rotterdam, il remporte son diplôme de « Bachelor » et son « Master's Diploma », les deux avec la plus grande distinction. A l'Université d'Indianna à Bloomington il remporte son « Artist Diploma » et à la Scuola di Musica à Fiesole/Italie il obtient son diplôme de Soliste.

Eliot Lawson est lauréat et finaliste de nombreux concours nationaux et internationaux : De Bériot, Jeunes solistes, Pro Civitate, le concours Vieuxtemps, Premio Vittorio Gui, le Concours Brahms, le Concours International Mozart, Maasmond, Lantier, Herman Krebbers et le Concours Tibor Varga. Il a donné de nombreux concerts en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en Turquie, au Brésil, en Chine et aux Etats-Unis. Il s'est produit en soliste avec l'orchestre National de Belgique, le Metropolitan Orchestra de Lisbonne, L'Orchestre Symphonique de Sofia, l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, L'Orchestre Symphonique de Porto, le Symfonie Orkest van Vlaanderen, l'Orchestre des Jeunes Euregio, l'Orchestre Symphonique de Bonn, l'Orchestre de Chambre de Baskent/Turquie, l'Orchestre des Jeunes de Corvilha, l'Orchestre de la Fondation Gulbelkian, l'Orchestre Royal Philharmonique de Flandre et le Middle Tennessee Symphony Orchestra.

Comme chambriste Eliot Lawson forme un duo régulier avec la pianiste Diane Andersen ainsi qu'avec le violoncelliste David Cohen et Jill Lawson, sa sœur pianiste. Il enseigne le violon, (comme assistant de Ilya Grubert) au Conservatoire d'Amsterdam, au Conservatoire Royal de Mons, à la Scuola di Musica Santa Cecilia-Portogruaro en Italie (assistant), à l'Université de Minho de Braga/Portugal et à la Kunsthumaniora d'Anvers. Il est régulièrement invité à donner des master classes en Belgique, au Luxembourg, en France, en Italie, au Portugal, au Brésil et aux Etats-Unis.

Eliot Lawson a enregistré des CDs pour les labels Brilliant Classics, Fuga Libera, Phaedra et Cypres suivis de critiques élogieuses dans Diapason, the Strad, Le Soir… En 2014 le concerto pour violon et orchestre d'Emmanuel Durlet a été édité sur CD. Eliot Lawson est accompagné par l'Orchestre des Jeunes Euregio, sous la direction de Hans Casteleyn.

Traduction : Andrea Durlet


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